Pour attirer et séduire le lecteur, le comics de super héros a plusieurs armes à sa disposition, le crossover en est une, et particulièrement puissante.

Suivre les histoires de nos héros favoris est passionnant, mais quoi de mieux que de les voir sous nos yeux ébahis croiser la route d’autres personnages emblématiques de leur univers pour, au choix, se battre les uns contre les autres ou s’allier contre une menace commune (en général, ils commencent par le premier puis font le deuxième). L’occasion d’être le témoin époustouflé d’un monde grandiose et partagé, où, pour contrer une menace telle que séparément, ils n’auraient aucunes chances, Wolverine s’allie avec Spider-Man et Red Richards (mais pas Batman, faut pas déconner). L’occasion aussi de suivre des aventures autrement plus grandioses et épiques, marquant le destin des personnages voir même de l’univers tout entier dans un maelstrom d’action, de suspense et d’héroïsme.

Et puis… il y a Dead Drop…

L’éditeur américain Valiant, même s’il n’arrive pas sur le marché à la cheville des deux monstres Marvel et DC, possède lui aussi son univers partagé de super héros, plus réduit certes mais d’une qualité certaine. Et même si lui aussi propose des bons gros crossover (dont le massif Harbinger Wars), l’éditeur a été capable de sortir un petit OVNI avec ce Dead Drop.

Oui, par définition, c’est un crossover car plusieurs personnages issus de plusieurs séries différentes se croisent (plus ou moins) et s’allient (plus ou moins) pour contrer une menace globale (ça oui, ça y est). Mais si le fond est donc bien présent, la forme est tout autre, car Dead Drop n’est peut être pas épique, grandiose, avec des scènes à vous couper le souffle ou à vous faire passer un frisson intense, car Dead Drop est autre chose : cool, fun et même addictif !

Ales Kot est aux commandes, jeune scénariste, de cette nouvelle génération touche à tout, écrivain dans l’âme que cela soit pour la télévision, le jeu vidéo, le cinéma ou simplement son blog, dont on peut aussi découvrir le travail en VF chez Hi Comics avec le frénétique Generation Gone.

Au même titre que ce dernier d’ailleurs, pas de temps mort ici, 4 petits singles américains regroupés dans un volume relié pour nous narrer une histoire de virus hautement dangereux, dérobé par une ado (?!), et qui utilise un système de caches à travers la ville (« Dead drop ») pour déplacer la fiole tant convoitée. Dés les premières pages, ce n’est personne d’autre que le fameux X-O Manowar qui la prends en chasse dans une course folle à travers immeubles, rues, trottoirs, toits, rappelant les bonnes poursuites effrénées du grand écran.

Toujours pas de temps morts lorsque le jeune (et décalé) Archer prends la suite avec son style particulier et avant que l’étrange Beta Max et la badass détective Cejudo ne fassent leurs apparitions. Aïe, en voilà du lâcher de noms qui peut en rebuter plus d’un. Hélas, je n’ai pas pu lire la version française éditée par Bliss Comics mais j’ai déjà par ailleurs pu ouvrir leurs volumes et, au vue de leur professionnalisme, je ne doute pas une seconde que l’éditeur français n’ait pas ajouté quelques pages d’aide pour le lecteur non connaisseur.

Pas de soucis donc si l’univers Valiant vous est inconnu, le principe de Dead Drop est de la vitesse, du rythme, du fun, du danger, des twists, des rebondissements, et une galerie de personnages hauts en couleur. Une véritable course contre la Mort (oui oui avec un « M ») où se mêlent différents protagonistes qui illustrent par ailleurs habilement ce que Valiant a à offrir dans son catalogue.. bien vu les mecs !

Un mot sur le visuel, Adam Gorham aux dessins, jeune artiste peut être pas le plus beau ou le plus détaillé mais un sens certain de la vitesse, du rythme, usant d’un découpage efficace pour plonger le lecteur dans le récit. Michael Spicer à la couleur, freelance lui aussi mais avec une expérience plus importante. Beaucoup de travaux chez Valiant et notablement la couleur du très punk Extemity chez Image Comics. Loin des couleurs tribales de ce dernier titre, Spicer utilise ici une palette plus grise, pâle et urbaine, renforçant le côté réaliste de l’action.

Le lecteur retrouve ainsi la « patte » Valiant : une production solide et réaliste, à l’échelle (presque) humaine et qui n’infantilise pas le lecteur. Tout comme Unity et son équipe de super héros (*pub* : autre review que vous pouvez trouver sur le site), Dead Drop apporte un petit vent de fraîcheur au genre, utilisant habilement les codes pour les détourner juste ce qu’il faut, et nous proposer certes un crossover mais avec son style. Ce Valiant nouveau est décidément surprenant.

Matthieu

Dead Drop en VF : Chez Bliss comics, sortie le 22/02/2019

Tumblr de l’auteur : http://aleskot.tumblr.com/

Portefolio d’Adam Gorham : http://adamgorham.daportfolio.com/

Portefolio de Mickael Spicer : http://www.spicercolor.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.