Le format comics et ses codes ne cessent d’inspirer nos auteurs européens. C’est dans ce format et par l’intermédiaire de la toute récente collection Flesh Bones de chez Glénat que Stéphane Betbeder et Fréderico Pietrobon ont choisi de sortir leurs albums. Un tome à la croisée des chemins oscillant entre anticipation et jeu macabre avec un soupçon de fantastique permettant à leurs histoires d’explorer chaque genre sans limite.
L’éditeur tien avec escape this un excellent ambassadeur pour cette nouvelle colletait résolument adulte qui se veut un vecteur d’adrénaline dans le paysage du neuvièmement art.

L’histoire en deux mots:

Quatre destins visiblement funestes, dans un avion survolant l’Allemagne un passager choisissent de s’inoculer un mystérieux liquide en plein vol. Cependant, qu’à des milliers de kilomètres en Californie au même moment une femme choisit de mettre fin à ces jours ne supportant pas son divorce. Alors que la désespérée succombe sur son lit, au Monaco un jeune footballeur impétueux percute une barrière de sécurité avec son bolide distrait par une conversation téléphonique.

Enfin, pendant que le jeune sportif pousse un dernier cri de terreur, en haut d’un building japonais, une adolescente suicidaire choisit de se jeter dans le vide pour mettre fin à son mal de vivre…
Cette dernière se réveille dans une mystérieuse pièce immaculée en compagnie du footballeur, le passager et l’épouse désabusée. Leurs étonnements passé, un message énigmatique leur parvient au fond de la pièce leurs ordonnant de rester unis et de résoudre les mystères des huit pièces pour avoir une chance de sortir de cet inexplicable endroit.

Le dessin:

le dessinateur a pris soin une atmosphère particulière à ce tome avec un trait réaliste collant parfaitement à l’ambiance du récit.
La réalisation des personnages semble être presque photoréaliste et donne une légère cotée romane photo qui n’entrave en rien à l’immersion dans le récit. Au contraire, ce style particulier apporte un cachet unique et crédibilise certains passages angoissant de l’album.
Chacun des protagonistes et admirablement personnifier, le dessinateur parvient à saisir justement chacune de leurs individualités à travers son trait.


En effet, on perçoit toute la fragilité de Yuniko dans son regard fuyant ou encore ses postures. De plus, Frederico Pietrobon utile très justement le mascara qui coule des yeux de l’adolescente pour exacerber son aspect torturé et son instabilité. Le dessinateur arrive tout au long de l’album à livrer une retranscription adéquate des émotions, notamment avec Nicole. Cette jeune femme porte sur elle au début toute la peine de son divorce et se révèle être au fil des énigmes, futée avec un véritable comportement de leader.

Une histoire en noir et blanc

Le dessinateur maîtrise admirablement le noir et blanc et le travail de trame et d’aplat noir remarquable corrobore l’ambiance inquiétante qui règne dans ce comic. Il accentue cette atmosphère avec un découpage dense aux cases aux angles tortueux renfonçant la confusion du lecteur dans ce dédale glauque de l’escape room.
Les environnements servent à merveille l’ambiance du tome à la fois complexe, oblique et parfois désordonnés. Ces derniers contribuent à l’immersion totale du lecteur dans cette énigme macabre. On peut l’observer lorsque les malheureux participants doivent trouver la solution du mystère d’une salle aux chaises enchevêtrées ou encore dans un atelier désorganisé foisonnant d’objet en tous genres.

Le noir est blanc étant roi, seule couverture fait exception avec un rouge sang dominant synthétisant le danger mortel de ce jeu lugubre montrant des mains ensanglantées réclamant désespérément une clé tendue par une main immaculée.
De la couverture à la fin du tome, le dessinateur montre toute sa maîtrise graphique en réalisant un tome angoissant soutenu par des personnages charismatiques.

Le scénario:

Stéphane Betbeder donne aux comics français avec Escape this un récit d’anticipation cérébrale avec un scénario riche et savamment complexe.
Il parvient à mélanger astucieusement une multitude d’éléments pour faire de son intrigue un récit dense à la construction élaborée.
En effet, on peut constater certaines références cinématographiques déguisées renvoyant à des films d’horreur comme Saw. C’est le cas avec une scène d’opération sauvage particulièrement dégoûtante pour résoudre une énigme.
De plus, l’auteur jongle adroitement entre les genres avec l’anticipation grâce des passages haletants et stressants ayant un véritable enjeu vital pour les protagonistes impliquant d’avantages le lecteur. Il apporte à son histoire un aspect plus intellectuel avec des énigmes à la fois complexes de prime abord, mais compréhensible pour le lecteur attentif. Ce qui donne un véritable jeu de recherche avec les personnages et contribue également à l’immersion dans ce récit.

Cette résolution successive aux finalités importantes permet une cohésion accrue entre les personnages et se solutionne souvent grâce à des éléments du passé des personnages étoffant leurs personnalités respectives.

Des personnages variés

Le scénariste a su créer une galerie de protagonistes hétéroclites introduits soigneusement en deux planches, mais saisissant l’essentiel des traits de caractère de chaque acteur de l’histoire.
Ce procédé permet aux lecteurs de s’attacher immédiatement aux malheureux héros.
Stéphane Betbeder va les forcer à se dévoiler, ce testés à travers des énigmes de plus en plus retorde et montre en sous-texte que l’entraide et l’ingéniosité n’ont pas de frontière. Le scénariste montre avec beaucoup de pudeur leurs fragilités, leurs ambitions, leurs peurs secrètes tout en respectant un équilibre dans le traitement de ces protagonistes.

C’est là tout le talent du scénariste, il a su mettre ses personnages centre de son récit avec un traitement montrant toutes la richesse de ces derniers faisant d’Escape this une histoire se survit avec un supplément d’âme indéniable.
L’auteur a pris soin d’incorporer une histoire dans l’histoire passionnante faisant lieu de fil rouge et se montrant être d’une importance cruciale pour la fin de l’album. Ce choix scénaristique intensifie la curiosité pour connaitre enfin les liens entre la trame principale et cette histoire en arrière-plan.
Escape This est un excellent tome montrant la ligne éditoriale qualitative de la collection Flesh Bonnes des Éditions Glénat.

Les auteurs ont su créer dans chacun de leurs domaines une ambiance oppressante dans un jeu lugubre aux enjeux cruciaux. Escap this est un album réussi qui saura plaire autant aux fans de comics qu’au passionné d’anticipation. Ainsi qu’aux lecteurs n’ayant pas peur d’être bousculé dans leur lecture

Vivien

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